Le 17 avril 1917, Flore, Napoléon, Charles-Édouard et le jeune Lorenzo émigrent en Ontario. Ils débarquent à la gare portant un écriteau sur lequel on peut lire : Grégoire's Mill. Les deux longues journées passées dans le train leur laissent dans les oreilles un bruit de rails défilant les uns après les autres et une sorte de bercement dans le corps. Les voilà parvenus à destination, presque à l'autre bout du monde. Ils ne sont pas seuls. Trois cousins du Lac St-Jean et leurs familles sont du voyage.

«Y'a pas beaucoup d' maisons» s'écrie le jeune Charles-Édouard en débarquant du train.

«Rien que des arbres, des arbres et pis des arbres», s'exclame Lorenzo en faisant un cercle sur lui-même.

Tous éclatent de rire devant cette répartie d'un jeune exilé de quatre ans. Cela détend l'atmosphère.

Quel choc! Quelle vue! Un paysage de nature sauvage s'offre à leurs yeux. Des arbres, oui il en a. À gauche, à droite, au nord, au sud. À perte de vue, trembles, bouleaux, sapins et épinettes plantés drus forment une forêt dense. Rien que du bois.

Née à Grégoire's Mill, Carmen (Gravel) Laberge se passionne très jeune pour les mots et l'écriture. Enseignante, elle exerce sa profession à Ottawa, à Vanier, à Fauquier, à Smooth Rock Falls et à São Paulo au Brésil.

Dynamique et entreprenante, elle anime les offices lithurgiques, siège comme conseillère municipale, dirige une chorale, participe à la mise sur pied de la bibliothèque locale et dispense des cours d'éducation aux adultes.

Épouse de Camille Laberge, mère de Caroline, Fabien et Sophie, grand-mère de Vincent, Carmen vient de réaliser un grand rêve : écrire l'histoire des gens heureux!

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